samedi 25 novembre 2017

Staechelin Kopfbalken 024

La fascination du marbre

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Le marbre : la pierre et son histoire

Venons-en désormais à l'histoire du marbre. On a beaucoup écrit, au cours des siècles, sur l'éclat fascinant du marbre noble et tout autant sur son exploitation sur place et sur les différentes façons de traiter le marbre. Ceci est compréhensible quand on sait que l'industrie du marbre est la plus ancienne des industries encore existantes.

Cette industrie, vieille de plus de 2 000 ans,  se définit par une histoire mouvementée. Les guerres succédant à la paix, la pauvreté à la richesse et les modes jouant sur l'attrait du marbre - qu'il s'agisse d'une teinte particulière ou de sa provenance -, l'extraction du marbre n'a pas toujours connu la même intensité.

Venons-en désormais à l'histoire du marbre. On a beaucoup écrit, au cours des siècles, sur l'éclat fascinant du marbre noble et tout autant sur son exploitation sur place et sur les différentes façons de traiter le marbre. Ceci est compréhensible quand on sait que l'industrie du marbre est la plus ancienne des industries encore existantes.

Cette industrie, vieille de plus de 2 000 ans,  se définit par une histoire mouvementée. Les guerres succédant à la paix, la pauvreté à la richesse et les modes jouant sur l'attrait du marbre - qu'il s'agisse d'une teinte particulière ou de sa provenance -, l'extraction du marbre n'a pas toujours connu la même intensité.

Une chose est sûre : durant des siècles, l'exploitation des différents gisements marbriers a été forcée différemment mais elle n'a jamais été totalement arrêtée.

Il convient de mentionner ici le plus important : la connaissance du marbre et la façon de l'extraire, de le travailler et de le transporter ont toujours été transmises par les carriers, les scieurs, les tailleurs de pierre, les polisseurs, les ornementistes et les sculpteurs.  Ils ont transmis leur savoir-faire de génération en génération, de père en fils, à l'intérieur d'un même village, de sorte que leur expérience séculaire ne s'est jamais perdue, même durant les périodes où la demande était quasi inexistante.

Les grecs furent les premiers à extraire et à travailler le marbre, pierre naturelle unique réservée aux riches et à la construction des temples et qui conservait, s'il était utilisé correctement, sa beauté à travers les siècles.

Les fouilles archéologiques de villes et de temples de l'Antiquité confirment cette assertion. Les statuts des dieux grecs et romains : Zeus-Jupiter, Aphrodite-Vénus, Artémis-Diane, Déméter-Cérès, Hermès- Mercure, Athéna-Minerve, Héra-Junon (pour n'en citer que quelques-uns),  des objets de la vie courante, des maisons, des temples et des rues entières en marbre réapparurent à la lumière du jour dans leur beauté unique comme ce fut le cas à Aphrodisias et Ephèse.


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Durant toutes les époques d'apparat, d'éclat et d'abondance, le marbre était le témoin visible de la richesse et de la puissance.

Environ cent ans avant notre ère, à l'apogée de la culture romaine,  le marbre blanc a été remplacé par le marbre des Alpes apuanes. C'est à cette période qu'on commença à travailler dans les carrières de Luni.

Quand, en partant de Carrare, sur la Via Aurelia en direction du Nord,  on on se dirige vers Sarzana - que l'on quitte ensuite en direction de la mer - on découvre, après quelques centaines de mètres dans la plaine, au milieu des champs, des prés et des vignobles, les ruines d'un amphithéâtre, de quelques maisons, de granges et de rues ainsi que les contours de temples et les restes clairsemés d'une cathédrale du Haut Moyen-âge et d'un musée extrêmement intéressant. Comme, en ce temps-là,  la mer pénétrait dans les terres sur deux kilomètres, on trouve encore ici ou là, dans l'ancien estuaire du fleuve Magra, les restes d'une installation portuaire, dans laquelle on chargeait les bateaux à rames ou à voiles pour le transport du marbre et des produits agricoles. On sait aussi qu'une entaille ayant la forme d'un croissant de lune ornait un fromage de la région pour le distinguer : la lune, en italien luna, qui donna Luni.

Et ce marbre blanc de Luni, originaire des Alpes apuanes, détrôna au fur et à mesure le marbre grec. Dans tout le bassin méditerranéen, des temples, des monuments funéraires, des statues et des palais somptueux d'une qualité prestigieuse furent érigés dans ce matériau noble.  Les témoins de cette période - pour n'en citer que quelques-uns - sont, à Rome, le Panthéon (construit par  Agrippa en 26 avant J.C.), la pyramide de Cestius, le Temple d'Apollon sur le Palatin, le Temple de la Concorde, le Forum de Trajan, la colonne Trajane et le puissant Arc de Titus. Ces monuments ont tous été construits dans les 150 premières années après  J.C.

On sait désormais, grâce aux fouilles de la ville romaine de Pompéi qui fut ensevelie sous une pluie de cendres par l'éruption du volcan Vésuve en l'an 79, qu'à cette époque des gens s'exprimaient déjà sur les façades, les portes d'entrée, les statues et les frises - aujourd'hui on les appelle des tagueurs - et que cette pratique était largement répandue. Les archéologues ayant mené les fouilles ont en effet découvert sur les façades des maisons des messages à l'attention du public, tels des slogans de campagne électorale, des offres intéressantes, des promesses de récompense pour des objets volés de valeur et même des quolibets. Un homme se plaignait par exemple de posséder une Vénus qui ne fut qu'en marbre.


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Le marbre de Luni était donc le plus utilisé dans la période qui s'étend du règne de l'empereur romain Vespasien  (69 - 79) à celui de l'empereur Commode (180 - 192). Ce ne fut que durant le règne de l'empereur  Septime Sévère (193 - 211) que le marbre grec connut à nouveau  une certaine importance puisqu'il s'agissait alors de renouer avec la culture grecque.

Lorsque le puissant "Imperium Romanum" (Empire Romain) - à son apogée sous le règne de l'Empereur Trajan (98 - 117) - tendit peu à peu à sa fin, les moyens pour la construction des habitations et des villes se firent plus rares ;  il manquait notamment l'argent pour la construction de bâtiments en marbre onéreux. Durant la construction, en l'an 315, de  l'Arc de Constantin  à trois baies, en l'honneur de l'Empereur Constantin Ier Le Grand (306 - 337), on utilisa déjà, entre autres, du marbre de récupération, c'est-à-dire provenant d'anciens reliefs d' empires passés. Ce développement économique eut des répercussions de grande ampleur sur l'industrie du marbre de la ville de Luni qui tomba dans l'oubli.

Par la suite, une nouvelle  cité - d'abord appelée Luni Nova, puis Sergiana - apparut non loin de là. La ville devint le siège de l'évêché en 1204. La ville de Sarzana (son nom actuel) est  le lieu de naissance de Tommaso Parentucelli (1397) qui devint pape en 1447. Nicolas V est considéré comme le premier pape de la Renaissance (jusqu'en 1455). Il couronna  Frédéric III empereur en 1452, dut suivre la conquête de Constantinople par les Turcs en  1453 et il est le fondateur de la bibliothèque du Vatican. La ville de Sarzana possède une cathédrale en marbre blanc, splendide témoignage de l'art gothique du milieu du 14ème siècle.

Au Moyen-âge également, dans la période succédant à l'Antiquité, l'extraction du marbre dans les carrières des Alpes apuanes ne fut certes pas arrêtée totalement, mais elle ne servait plus qu'aux villes des environs et à l'Eglise. Ce fut seulement à la fin du Moyen-âge, au début du 15ème siècle, que le marbre connut un nouvel essor  : la demande pour cette splendide pierre  au caractère unique et aristocratique augmenta à nouveau.

Entretemps, les routes autrefois bien entretenues par les Romains tombaient en ruine et le transport des blocs de plusieurs tonnes était impossible sur les routes de campagne. Seule la ville de Carrare disposait d'un petit port sur la rivière Carrione et permettait le chargement de blocs, de plaques, de colonnes et de statues.  Le marbre de Carrare, comme on l'appela alors, pouvait donc à nouveau être transporté. L'industrie du marbre dans les Alpes apuanes connut enfin un nouvel essor ; s'ensuivit alors l'exportation dans des villes situées de plus en plus loin en Italie et en Europe. 


A partir du 14ème siècle, outre les carrières de Carrare, celles de Versilia, Garfagnana et Seravezza virent le jour.

L'artiste et sculpteur Michel-Ange revenait toujours à Carrare : il résidait dans une maison près de la cathédrale pour rechercher les blocs nécessaires à ses sculptures imposantes. "Je les vois, ils sont déjà dans la montagne : il ne me reste plus qu'à aller les chercher" aurait-il dit un jour. On disait que le marbre qu'il utilisait provenait de la montagne Altissimo au-delà de Pietrasanta dans l'Alta Versilia mais ceci fut réfuté par la suite. Le statuario (le marbre des statues) utilisé par Michel-Ange pour ses œuvres sculpturales uniques et fascinantes semble provenir des carrières situées entre Torano et Gioia, près de Carrare. Le bloc du David exposé à Florence provient, selon toute vraisemblance, de Colonnata.

Les dépôts ou bassins marbriers du Trias dolomitique s'étendent dans presque toute la région des Alpes apuanes. La pureté, la teinte, le motif mais aussi la localisation et avant tout la capacité de transport étaient déterminants pour l'extraction.

Ce n'est qu'à partir du 17ème siècle que des carrières furent ouvertes dans les montagnes autour de Massa dont on put extraire le marbre avec succès. Et, depuis le 19ème siècle, le marbre des Alpes apuanes, grâce à sa beauté fascinante, a conquis le monde entier.

Plus de renseignements sur l'extraction et le transport



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25 nov. 2017
12 h 15 CET