samedi 25 novembre 2017

Staechelin Kopfbalken 030

L'origine du marbre

Le marbre tire son origine des larmes des étoiles

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Une ancienne légende nous apprend que les Alpes apuanes se seraient formées à partir de larmes de roches brûlantes. Les étoiles du firmament  furent tant émues par le chagrin d'amour d'une fille de pâtre qu'elles en pleurèrent toute la nuit. Et ces larmes s'épanchant sur Terre se figèrent en une montagne sauvage de marbre blanc s'élevant vers le ciel.

Les Alpes apuanes  sont situées dans le nord-ouest de la province italienne de la Toscane. Leur nom trouve son origine dans celui d'un peuple téméraire assujetti par les Romains en l'an 180 avant Jésus-Christ : les  "Apuani". Il s'agit d'un massif montagneux autonome se trouvant sur les contreforts des Apennins, imposante chaîne montagneuse. La chaîne des Alpes apuanes se distingue fortement des Apennins par sa forme et sa structure géologique.

Les plus hauts sommets escarpés (il n'existe pas ici de cimes arrondies) depuis lesquels on peut profiter d'une vue panoramique absolument époustouflante  s'élèvent jusqu'à  2 000 mètres (Monte Pisanino 1 946 m). Des parois nues, des sommets  pointus et des coteaux pentus sont typiques de la région, à l'instar des massifs alpins. Les Alpes apuanes sont principalement constituées de roche calcaire et c'est pourquoi on y trouve souvent des formes et des cavités karstiques. L'énorme pression à l'origine de la chaîne montagneuse modifia toutefois la structure des dépôts calcaires ce qui donna à son tour naissance au marbre.

Les Alpes apuanes et leurs parois rocheuses semblent faites pour les passionnés d'escalade et d'alpinisme mais également pour les randonneurs et les promeneurs qui parcourent, à pied ou à cheval,  les nombreux sentiers romantiques, passant la nuit dans un refuge (rifugio) ou un bivouac (bivacco) pour profiter d'une expérience grandiose en pleine nature.

Pour moins se fatiguer, on peut aussi emprunter en voiture les routes panoramiques - qui sont certes en lacets mais de bonne qualité - pour grimper à Campo Cecina sur le Monte Uccelliera (12 446 m) ou  emprunter la via Pian della Fioba menant au village de haute montagne d'Arni. Le retour se fait en descendant par la petite ville de Seravezza en Versilia, en longeant le versant nord du Monte Altissimo (1 589 m) et du Monte dei Ronchi (1 350 m), puis en traversant la Galleria del Cipollaio jusqu'au village de Levigliani pour atteindre, en traversant  la vallée sauvage de la Vezza avec ses nombreuses petites entreprises de marbre, la plaine de la Riviera della Versilia avant de rejoindre la Mer Tyrrhénienne.


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Une fois sur les hauteurs, "a piedi" ou  "con la macchina", on découvre une vue exceptionnelle et époustouflante, absolument unique dans le monde alpin. De là, on peut observer en contrebas  le théâtre à la  fois naturel  et créé de la main de l'homme des carrières de marbres (tagliate). D'énormes affleurements  de marbre (ravaneti) d'un blanc éblouissant à flanc de montagne sont témoins de ce que des bataillons d'hommes ont effectué pendant des centaines d'années.  On ne peut qu' imaginer les gigantesques masses de pierre qui en ont déjà été extraites.

L' image d'une nature colossale : telle qu'elle a été créée par l'homme et que l'on peut difficilement imaginer si on ne l'a pas vue de ses propres yeux. Ce n'est pas de la neige, ce sont des flots de marbre qui semblent couler en direction de la vallée pour aller se jeter dans la mer bleue toute proche.

Depuis plus de 2 000 ans, on y extrait à grand peine des montagnes - notamment dans les vallées Collonata, Fantiscritti et Torana aux environs de Carrare - le marbre, cette roche noble, à laquelle les hommes ont depuis toujours confié leurs rêves, leurs œuvres et même leurs idoles et leurs souvenirs  pour les rendre immortels. Et quand l' écrivain italien Corrado Alvaro (1895 - 1956, auteur par ex. du livre "Gente in Aspromonte"), connu pour ses romans et ses nouvelles réalistes et psychologiques, écrit : "Le marbre pare définitivement les choses", il a sûrement fait la remarque la plus juste sur ce noble matériau naturel. De célèbres artistes se sont mêlés à la foule des voyageurs venant visiter les vallées marbrières de Carrare  : ce fut notamment le cas de Michel-Ange ( de son vrai nom Michelangelo Buonarroti, 1475 - 1564, sculpteur, peintre, architecte et urbaniste italien), de Gian Lorenzo Bernini (dit Le Bernin, 1598 - 1680), urbaniste, sculpteur, peintre et architecte en chef italien de la basilique Saint-Pierre de Rome  et le sculpteur européen le plus important après Michel-Ange) et  d'Antonio Canova (1757 - 1822, sculpteur italien, important représentant de la sculpture classique) , mais aussi du célèbre romancier et poète Charles Dickens (1812 - 1870, romancier anglais et initiateur du roman social tel Oliver Twist ou David Copperfield), de Lew Nikolajewitsch Tolstoi (1828 - 1910, écrivain russe, par ex. Guerre et Paix et Anna Karenine) et de Luigi Pirandello (1867 - 1936, écrivain, fondateur du Theatro d'arte en 1925, prix Nobel de littérature en 1934).

Ils ont tous grimpé avec difficulté les chemins et sentiers escarpés et dangereux pour découvrir par eux-mêmes l'univers unique - souvent décrit - du pays des géants  et pour admirer avec un respect profond les blocs de marbre blanc détachés du flanc déchiqueté de la montagne dans cette mise en scène violente de la nature. Ils ont même rencontré les carriers, ces hommes qui livrent aux villes du monde entier le matériau blanc qui donne dignité et perfection aux monuments.


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Les imposantes installations de production dans lesquelles est découpé et taillé le marbre local se trouvaient et se trouvent aujourd'hui encore à flanc de coteau, le long du cours inférieur des ruisseaux de montagne sur un espace étroit, au niveau de la basse vallée et des glacis situés entre les villes de Carrare, Massa et Pietrasanta et dans la plaine étroite rejoignant la Méditerrannée. Ceci n'est, somme toute, pas très différent de ce qui se faisait autrefois dans les petits ateliers.

C'est ici qu'ont vu le jour les plus beaux trésors artistiques jamais créés par l'homme. C'est dans ces ateliers plutôt modestes que des générations de sculpteurs ont livré, au cours des siècles, des statues et des monuments pour toutes les grandes cours européennes, pour les églises, les places, les palais et les jardins de nombreuses villes et de nombreux pays. Ces vieux ateliers sont encore aujourd'hui partiellement utilisés et peuvent être visités.

Si l'on parle de marbre,  le nom de Carrare nous vient de suite à l'esprit. La ville de Carrare, située sur le ruisseau Carrione tire son origine du village Kar, nom dont la signification préromaine est "pierre".  Partout à Carrare, on peut observer la relation indissociable entre la ville et le marbre qui a forgé son destin et son identité culturelle pendant des milliers d'années.  Il suffit de prendre pour exemple la cathédrale romane, le pavé de la Piazza Alberica - l'un des plus beaux ornements urbains du  18ème siècle -, le musée du marbre (Museo del Marmo), l'école du marbre (Scuola del Marmo) pour la technique et l'académie des Beaux-arts (Accademia di Belle Arti) pour la formation sculpturale.

La ville de Carrare étant mondialement connue pour ses carrières (cave), citons, pour illustrer ce propos, quelques chiffres de l'industrie marbrière au début du 20ème siècle. On dénombrait alors 635 carrières dans les Alpes apuanes : 411 carrières en exploitation (et leurs 5 800 ouvriers) se situaient aux alentours de Carrare, 89 autres (avec environ  1 100 ouvriers ) autour de Massa et les carrières restantes se trouvaient en Versilia et à Arni. On comptait, en 1901, 74 scieries de marbre à Carrare et 33 à Massa. L'exportation du marbre représentait au total 204 000 tonnes de blocs non taillés, 164 000 tonnes de blocs sciés et 29 700 tonnes de marbre autrement travaillé.


La ville de Massa, située seulement à quelques kilomètres de Carrare, au pied des Alpes apuanes et au bord de la rivière Frigido, a toujours été la deuxième ville la plus importante pour la production de marbre, après celle de Carrare à laquelle elle est étroitement liée sur le plan administratif et politique depuis 1473. C'est aujourd'hui la capitale de la province de Massa-Carrara en Toscane.

Massa est officiellement mentionnée pour la première fois en  882. Dans la ville de Massa, autrefois capitale du duché de Cybo Malaspina ayant perdu son autonomie au cours de la domination napoléonienne, on trouve encore aujourd'hui les traces de ce passé glorieux. Le cœur et symbole de la ville en est ainsi le palais ducal Palazzo Rosso situé sur la Piazza degli Aranci. Et l'imposant château Castello Malaspina - également baptisé "Rocca"- qui surplombe la ville est un imposant témoin de l'architecture de défense du 12ème au 17ème siècle.

Les églises sont probablement les exemples les plus évidents et les plus authentiques de la période ducale. L'église de la miséricorde de style baroque  et l'église San Giovanni Decollato sont des bijoux d'architecture. L'imposante cathédrale est richement ornée d'œuvres d'art.

Depuis le 20ème siècle, d'importantes industries, et notamment celle du travail de la pierre, se sont installées tout autour de la ville des évêques de Massa. Et c'est grâce à elles que le district de Massa-Carrara est finalement devenu le centre international du commerce de la pierre. 

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25 nov. 2017
12 h 15 CET